créations personnelles

J’aime passer du temps dans mon atelier à peindre, explorer, m’amuser, m’exercer, tenter des trucs et faire mes gammes. J’apprécie goûter à de nouvelles techniques. Une grande partie des réalisations ci-dessous sont peintes à l’huile.

 

Tous mes travaux sont en vente et reproductibles jusqu’à épuisement. Si l’original est déjà vendu, ce ne sera pas exactement le même mais nous nous en rapprocherons. 

Ballade Africaine

Cette série de peintures rend hommage à plusieurs choses et plusieurs personnes à la fois. C’est une photo du vieux tonton par alliance Eugène prise au Sénégal. Je ne l’ai pas connu mais j’en ai beaucoup entendu parler. Toutes ses males métalliques d’appareils photos sont dans mon bureau.

J’ai retrouvé ce cliché chez ma belle-mère. Je m’étais promis depuis plusieurs années de la reproduire, d’en faire mon interprétation artistique. J’aime les mouvements qui s’en dégage, les couleurs, et la vie qu’il y a derrière toutes ses vies. Les femmes, les hommes et les enfants sont toutes et tous mélangé.es. Je ne ressens pas de joie mais ce sentiment de répétition du quotidien et parfois même de tristesse. Je trouve aussi qu’il y a beaucoup d’amour et de solidarité. On imagine plein de couleurs vives mais elles ne ressortent pas no sur la photo originale ni sur la peinture.

le temps est notre pire ennemi

Lorsque j’écris ces quelques lignes je dois rendre ma copie dans l’heure qui arrive. Je suis constamment à la recherche supplémentaire de temps. J’aime tout ce que je fais, ce que je crée mais j’ai aussi absolument conscience que pour continuer d’être juste et bon j’ai besoin de repos et de m’accorder plus de temps off. J’ai vu un jour dans la Nièvre ce clown peint sur un mur dans le grenier de la Cité du mot à La Charité sur Loire. Il m’a offert toute cette réflexion. Je cours après le temps pour essayer d’en avoir plus. Est-ce la bonne solution ? Je n’ai pas la réponse à cette question mais je suis aujourd’hui convaincu et persuadé que le temps est devenu mon pire ennemi. Peut être que si je me concentre plus sur le temps qui passe au lieu de le poursuivre à toute allure,  j’arriverais enfin à vivre et profiter de l’instant présent.

le sang de la pierre

En septembre de cette année bien particulière 2022 je suis parti en tournée avec mes ami.es. Nous avons installé un chapiteau dans différents villages afin d’exposer certaines de mes œuvres mais aussi et surtout se retrouver autour de bons repas, présenter spectacle, concert et mettre en place des ateliers. Certain.es bénévoles nous ont aidé à bosser tout ça. Une des bénévoles m’a beaucoup touché (toutes et tous en vrai). Mais je me rappelle d’une avec qui j’ai tant aimé échanger sur divers sujets de la vie de tous les jours et nos visions du monde. Lorsqu’elle a vu cette petite série de chaises pliantes et parasols avec écrit : L’odeur du béton après la pluie. Elle m’a raconté qu’il y a un mot pour définir ça. Ce mot c’est Pétrichor. Cette fameuse odeur si particulière et tant aimé de beaucoup d’entre nous que prend l’atmosphère après la pluie notamment lorsque le sol est sec. Pour le bitume on parle aussi du sang de la pierre.

lorsque l'automne sera la

Lorsque l’automne sera là je serais plus fort.e.

L’automne est ma saison préférée. J’aime tout chez elle. Elle annonce l’hiver : cette période nécessaire pour moi pour reprendre quelques forces. Le reste du temps j’ai l’impression de survivre. J’aime la couleur des arbres et le fait qu’ils se dénudent chaque jour un peu plus. J’aime regarder le ciel, les lampadaires qui prennent vie, les terrasses de restaurants se vider et les intérieurs de nos maisons se reremplir. J’apprécie par-dessus tout lorsque l’automne est là me réveiller alors qu’il fait encore nuit, voir le jour se lever lentement. J’aime m’habiller et rajouter des couches au fur et à mesure des jours. J’aime l’automne, la ville, les gens, la pluie, les jours qui raccourcissent et l’amour qu’il y a dans le regard des gens qui comme moi aime l’automne. Ça y est, on ne culpabilise pas de rejoindre notre couette alors qu’il est seulement 21h et on ne culpabilise pas si on mange trop pour un seul dîner. Ça y est c’est l’automne. Je vais pouvoir attaquer ma pile de livre qui m’attend sur ma table de nuit. L’automne est là et je me sens fort. 

Sans titre

J’ai réalisé cette série sans but précis en laissant aller ma plume sur les feuilles, mon pinceau sur les papiers cansons. Les podcasts défilent à la chaîne dans mes oreilles. J’écoute et réécoute des centaines d’émissions qui me font réfléchir et grandir. Je suis bloqué là sur la grande table blanche de la véranda avec plein de travaux artistiques à faire. J’adore. Je crois que je ne réfléchis pas trop et j’aimerais seulement que cet instant ne s’arrête jamais. J’aimerais qu’il dure encore des tas d’années. J’ai ce sentiment que plus rien n’existe autour. Les aiguilles défilent plus et le temps s’accélère. Mon portable est loin et je m’assure tout de même qu’il n’est pas sur sonnerie. J’aimerais pour rien au monde quelqu’un.e puisse interrompre ce moment magique.

PIRENE

« Un château, une forêt, un vieux roi. Il faut une princesse pour que cette histoire soit complète. Pirène. Elle s’appelait Pirène… Il fait nuit. Elle a peur, elle entend les dents, les crocs qui grincent, elle voit les yeux dans la nuit. Elle hurle le nom d’Hercule. Loin très loin, il l’entend sa Pirène. Il revient en courant, mais trop tard. Il ne reste qu’un petit bout de sa douce Pirène. Fou de douleur, il arrache les arbres et les rochers. Il les jette sur ce qui reste de sa bien-aimée, arrache encore et encore les roches pour être sûr que personne ne puisse toucher ce qu’il reste d’elle. Il fait un tas, puis une colline, puis une montagne, puis une chaîne de montagnes. Le nom de Pirène y est encore. Pyrénées. »

J’ai réalisé cette série de peinture à mon retour de Parbayse, un petit village du Béarn où j’ai travaillé avec l’école maternelle. Les contes et notamment celui-ci a guidé mes pas tout au long de mon séjour. 

Pour la vie

Je suis très content d’avoir retrouvé cette série de petites peintures et de vous les montrer. Elles font parties de premiers essais à l’huile avec une autre série sur les cowboys et un de mes voyages aux Etats-Unis. Il doit y en avoir quelques-unes qui se cache encore ici ou là. L’explication de mes dernières peintures et nombreux questionnements autour des maisons et des lieux de vie qu’on a croisé dans notre parcours, parfois une seule fois se trouve là.
J’ai découvert cette maison tard dans ma vie. Je l’ai connu grâce à ma femme. C’était là où vivait sa grand-mère, Amani comme on dit au Pays-Basque. J’aimais écouter ma belle-mère m’en parler. J’y ai passé des moments simples, même si au fond pas si nombreux que ça. Mais c’était une période spéciale dans ma vie. C’était le début d’un amour, qui j’ai très vite compris, ne s’arrêterait pas tout de suite. J’ai surtout appris à connaître cette maison dans les yeux de ce qui y ont habité ou passé du temps. Et ce ne sont pas que des bons souvenirs. Un grand nombre de photos et de bibelots parlaient à la place des gens et en disaient long sur les noëls, les petits enfants et les vieux voyages…
Je n’oublierais jamais tout ça. Il y a aussi les trajets pour s’y rendre, la route l’hiver pour rentrer chez nous pizza sur les genoux, le cabot à nos pieds, les longues discussions sans fin, le chauffage à fond, les podcasts sur les affaires criminelles, les cigarettes qui s’enchaînent une après l’autre fenêtres grandes ouvertes, les pins, la nationale et ses stations-services désaffectées graffitées jusqu’au ciel. J’appréciais ces weekends, ces balades à la digue et les longs repas de famille le dimanche où ça parlait fort. Tous ces fragments de vie font partis de mon histoire comme tout un tas d’autres maisons et d’autres endroits qui remplissent l’étagère de mes souvenirs.
pour les photos qui ont inspiré les peintures.

retenir l'essentiel

Les gens ont souvent l’image de moi de quelqu’un qui entasse les choses et qui aime les espaces chargés. C’est faux. Oui j’aime ne pas trop calculer et être spontané dans ma vie et ma démarche. Mais je sais aussi et j’apprécie fortement garder l’essentiel. D’ailleurs lorsque je réalise une œuvre abstraite j’ai toujours ce sentiment de retenir l’essentiel d’une scène figurative. Sciemment ou inconsciemment, je pars d’une vision réaliste que j’ai et extrait certaines formes, certaines saveurs. Ici il y a tout un travail abstrait autour du point, du trait et de l’abstraction qui reflète toutes ces pensées.

Une histoire de transmission

Passionné depuis longtemps par la nature, les paysages et les plantes d’intérieur, j’espère en intégrer encore plus dans mon travail. Je suis très heureux lorsque j’ai un peu de temps devant moi et que je me lance dans une série de peinture à l’huile où le végétal est au centre de ma réflexion. Les associations de couleurs sont illimitées. En peignant du végétal on ne peut pas se tromper. Il y a tout dans la nature, tous les verts et toutes les couleurs au moins à un moment dans l’année. 

J’ai suivi une formation de paysagiste d’intérieur pendant deux ans après le bac. Mon but ultime aurait été de dessiner et imaginer des jardins pour les gens. Mon rêve n’est peut-être pas totalement enfoui. 

Je me souviens encore aujourd’hui de certain.es profs qui m’ont donné ce goût de l’observation. La nature, les plantes et les végétaux sont des tableaux vivants qui changeront chaque jour selon leurs envies et selon comment on les regarde.

When we leave

Cet été, un ami proche nous a quitté d’un cancer. Cet homme était comme un tonton pour la femme qui partage ma vie, ma femme et mon amoureuse. Ils ne s’étaient pas vus pendant un tas d’années mais ils se sont retrouvés il y a deux ans. C’était comme si rien n’avait changé.
J’ai pris conscience qu’une grande partie des musiques que l’on écoute aujourd’hui viennent de lui.
Il était prof de bio, engagé, gentil, militant, aimé et amoureux. Amoureux de la vie, de ses proches, de la nature et des oiseaux.  Quelques jours avant sa mort, alité, il nous a confié les clés de sa maison pour accéder à sa bibliothèque. Je n’oublierai jamais cette heure sur la pointe des pieds ou agenouillé face à cette montagne de livre.  Ces peintures d’oiseaux lui sont en partie dédiées mais toutes les autres où je piocherai mon inspiration dans tout ce qui vient de chez lui aussi.
« Ça fait du bruit le silence » prend tout son sens depuis que je côtoie la perte d’être cher.es.
Puis, les deux petits oiseaux peints m’ont vite rattrapé. Ils m’ont rappelé l’importance d’être deux, de se sentir aimé et épaulé, d’aimer en retour et vice versa.
J’aime être seul par-dessus tout, mais être seul quand on est deux, c’est encore plus beau. On est deux face à la vie, ces jours heureux mais aussi deux, face à nos peines.
Nous sommes tous les deux sur la même branche si fragile, léger.es comme des oiseaux.
On aime regarder les saisons défiler derrière le petit écran, on apprécie la beauté du dimanche soir et cette petite voix qui résonne en nous pour nous dire que la lumière est juste là.
On était beau au premier jour. Nous le serons encore plus pour les prochains qui arrivent et encore plus, plus tard.  On le sera jusqu’à notre dernier souffle.

gammes et études